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Le SOPK   
syndrome des ovaires polykystiques

Le syndrome des ovaires polykystiques est une affection hormonale qi touche les femmes en âge de procréer.

Le SOPK,  aussi appelé Syndrome de Stein-Leventhal, est un désordre endocrinien.

Il peut commencer dès l'adolescence et les symptômes évoluent avec le temps.

Le syndrome de l'ovaire polykystique provoque une production plus importante d'androgènes et le cycle menstruel ne peut pas être correctement régulé. Au niveau de l'ovaire, les follicules ne libèrent pas les ovules car ils n'arrivent pas à maturité et des kystes se produisent. En raison de cette absence de maturation et libération de l'ovule, les femmes atteintes de SOPK voient leur fertilité affectée.

Il s'agit d'un problème d'origine métabolique qui ne doit pas être confondu avec les ovaires polykystiques, caractéristique échographique qui peut être présente ou non chez les patientes atteinte de SOPK et qui n'est pas nécessairement accompagnée de stérilité.

16-25 % des femmes en âge de procréer présentent des ovaires polykystiques. Cependant, elles ne sont pas toutes atteintes du syndrome d'ovaire polykystique. Par conséquent, avoir des ovaires polykystiques n'implique pas nécessairement de souffrir du syndrome.

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Symptômes SOPK

Les manifestations cliniques les plus fréquentes dont les femmes sont atteintes sont le syndrome d'ovaire polykystique:

  • Règles irrégulières : oligoménorrhée (moins de 9 règles annuelles) ou aménorrhée (absence de menstruation).

  • Stérilité anovulatoire.

  • Hirsutisme: excés de pilosité.

  • Alopécie: chute de cheveux.

  • Acné.

  • Altérations hormonales : testostérone élevée, hormone LH élevée, relation LH/FSH élevée, androstènedione (androgènes) élevée, etc.

  • Hormone antmüllérienne (AMH) élevée.

  • Résistance à l'insuline.

  • Ovaires polykystiques.

  • Hypoplasie mammaire et utérine.

  • Obésité.

  • Acanthosis nigricans: plaques de peau foncée et épaisse dans le cou ou sur les aisselles.

Bien que cette pathologie ait été découverte il y a près d'un siècle, la cause exacte de ce trouble gynécologique et métabolique est encore mal connue aujourd'hui. En fait, bon nombre des théories sur l'origine possible du SOPK prêtent à confusion, car il est parfois difficile de déterminer si la cause possible n'est pas vraiment une conséquence de la maladie elle-même.

On sait qu'il existe une importante composante génétique dans le développement du SOPK. Cependant, il ne s'agit pas d'un seul gène, mais l'altération de plusieurs gènes ainsi que l'influence de facteurs environnementaux (mode de vie, alimentation, etc.) qui sont responsables du développement du syndrome de l'ovaire polykystique.

Cette maladie est donc une pathologie multifactorielle. C'est pourquoi son diagnostic peut être un processus compliqué.

Diagnostic

Un protocole de diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques a été établi sur la base de ce qu'il est convenu d'appeler les critères de Rotterdam.

Les critères de Rotterdam englobent les 3 aspects les plus couramment présentés par les femmes atteintes du SOPK.

  -  Oligoovulation ou anovulation  :  cette altération menstruelle consiste en la présence de cycles de plus de 35 jours ou l'absence de menstruations pendant plus de 3 mois.

   -  Hyperandrogénisme clinique et/ou biochimique  :  la présence d'une concentration excessive d'androgènes dans le sang est connue sous le nom d'hyperandrogénisme biochimique. Cela peut entraîner les signes cliniques habituels du SOPK, comme  l'hirsutisme ou l'acné.

   -  Ovaires polykystiques  :  les ovaires polykystiques sont caractérisés par 12 follicules ou plus de plus de 9 mm, communément appelés ovaires colliers de perles. Un volume ovarien de plus de 10 ml indique également la présence de SOPK.

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Autres examens pour poser le diagnostic

Généralement, une femme prend rendez-vous alertée par l'absence de règles ou par certains problèmes de fertilité. Puisque le SOPK est la pathologie reproductive la plus courante chez les femmes en âge de procréer, le spécialiste effectue habituellement une série de tests pour éliminer ce syndrome.

Ces tests sont:

1 - Anamnèse et examen physique

Concrètement, la première étape du diagnostic d'une maladie est la prise d'informations sur les antécédents médicaux de la patiente par le spécialiste, ainsi que sur les symptômes spécifiques qui l'ont amené à demander une consultation. Toutes ces informations sont collectées dans le cadre du processus d'anamnèse.

Dans le cas du SOPK, il est essentiel que le gynécologue consulte la patiente sur la durée de ses cycles menstruels, ainsi que sur les autres données les concernant. Il peut également être nécessaire de signaler si des médicaments ont été pris au cours des derniers mois, si une infection ou une maladie sexuellement transmissible est survenue ou si une méthode contraceptive est utilisée.

Un examen physique est nécessaire pour vérifier si la patiente présente des signes cliniques typiques du SOPK. Il est important que le médecin vérifie le poids, la taille et l'IMC (indice de masse corporelle) de la patiente.

La croissance excessive de poils dans des zones inhabituelles pour les femmes, comme le visage, la poitrine, les bras ou le dos, est connue sous le nom d'hirsutisme. C'est un signe clinique d'hyperandrogénisme (taux élevés d'androgènes dans le sang). Il est donc important que le gynécologue procède à un examen physique approfondi.

2 - Échographie transvaginale

Cet examen est une technique d'imagerie utilisée pour vérifier l'état des ovaires, ainsi que de la cavité et des trompes. L'échographe est inséré par le canal vaginal pour pouvoir visualiser plus facilement l'intérieur.

Pour que cet examen soit concluant, il doit être effectué lorsque la femme a ses règles.

Le nombre normal de follicules chez une femme qui n'a pas de SOPK se situe entre 6 et 12 dans chaque ovaire, avec un intervalle de taille de 2 à 9 mm.

3 - Analyse des hormones

La mesure des taux d'hormones est un test essentiel dans le diagnostic de tout trouble de la reproduction, car leur altération peut souvent être la cause sous-jacente de la pathologie.

Dans le cas du SOPK, les principales hormones sexuelles sont mesurées en accordant une attention particulière à la valeur de la testostérone et des autres androgènes, ainsi qu'à l'hormone antimüllerienne et à la LH.

   Les valeurs habituellement obtenues avec un SOPK sont -

Testostérone libre  :  une concentration égale ou supérieure à 50 nanogrammes par décilitre (ng/dl) de testostérone libre dans le sang indique un hyperandrogénisme biochimique.

Rapport LH/FSH  :  dans les SOPK, il est caractéristique que le niveau de LH soit particulièrement élevé. Il peut parfois atteindre jusqu'à 3 fois la concentration de FSH.

Niveau de AMH  :  cette hormone est produite par les follicules antraux, ceux que l'on observe en conditions basales dans une échographie. Si la concentration est supérieure à 3,5 nanogrammes par millilitre (ng/ml), cela peut être dû à la présence de plusieurs follicules dans les ovaires, ce qui est une indication possible du SOPK.

D'autres hormones comme la prolactine, les hormones thyroïdiennes ou l'insuline sont également testées.

4 - Laparoscopie pelvienne :

Cette technique consiste en une intervention chirurgicale pour observer l'état des ovaires par un système optique. Elle est réalisée par une série d'incisions dans l'abdomen par lesquelles les éléments chirurgicaux sont introduits. Pour cela, il est nécessaire de réaliser une anesthésie générale chez la patiente.

Les ovaires polykystiques sont caractérisés par de nombreuses cicatrices causées par les kystes des follicules qui n'ovulent pas. Cela fait que le cortex ovarien s'épaissit et durcit.

La laparoscopie facilite l'examen de l'apparence des ovaires à la recherche de signes du SOPK.

Cette technique n'est utilisée que lorsque le diagnostic n'est toujours pas concluant avec les tests précédents.

Cause ou conséquence du SOPK ?

Résistance à l'insuline

L'insuline est une hormone produite et libérée par le pancréas, nécessaire pour que les organes prennent le glucose du sang afin que les cellules de chacun d'eux puissent obtenir de l'énergie pour remplir leur fonction.

La résistance à l'insuline joue un rôle clé dans le tableau clinique du SOPK. En fait, 50 à 70% des femmes atteintes de ce syndrome, quel que soit leur poids, présentent une insulinorésistance.

Cela signifie que cette hormone, bien que produite correctement, n'est pas en mesure de remplir sa fonction efficacement. L'organisme détecte donc que ces taux d'insuline sont insuffisants.

Pour compenser l'inefficacité de l'insuline, la production du pancréas augmente de façon exagérée et un excès d'insuline est produit dans le sang. C'est ce qu'on appelle l'hyperinsulinémie.

Par conséquent, la résistance à l'insuline provoque à son tour un excès d'insuline dans le sang.

Causes spécifiques :

 

   1 -  Taux élevés d'androgènes

Les androgènes sont un groupe d'hormones dont la testostérone (l'hormone masculine par excellence) fait partie. L'une de ses principales fonctions est de promouvoir le développement des caractéristiques sexuelles masculines.

Chez la femme, les androgènes sont produits par les ovaires et les glandes surrénales, mais à un taux beaucoup plus faible que chez les hommes.

Cependant, lorsque le taux d'androgènes dans le sang dépasse la limite normale chez la femme, le cycle ovarien est considérablement modifié. Les follicules ne se développent pas correctement et s'encapsulent dans les ovaires. Ainsi, les kystes se forment sans ovulation, car ils n'atteignent pas un degré de maturité assez suffisant pour qu'ils soient libérés. C'est ainsi que se produisent ce qu'on appelle des cycles anovulatoires. Cette situation fait qu'il est très difficile de tomber enceinte de manière naturelle.

   2  -  Conséquences de l'hyperandrogénisme

En plus de causer indirectement l'anovulation, l'hyperandrogénisme est principalement responsable de bon nombre des symptômes cliniques du SOPK.

Hirsutisme : développement excessif de poils dans des zones inhabituelles comme le visage, le menton, la poitrine, le dos ou les bras.

Acné : apparition de boutons et de points noirs due à un excès de sébum sur la peau.

Androgénisme biochimique : des taux élevés de testostérone dans le sang.

   3  -  L'obésité   peut également faire partie de ce syndrome, car le SOPK est largement associé à des troubles métaboliques tels que l'insulinorésistance.

Par conséquent, si une femme, en plus de souffrir du SOPK, est en surpoids, les effets masculinisants de l'excès d'androgènes peuvent être exacerbés, étant donné que le tissu adipeux est un producteur important de ces hormones.

L'acné, d'autre part, est un autre signe caractéristique de ce syndrome également lié à l'excès d'hormones mâles. L'augmentation de l'apparition de boutons et de points noirs est due au fait que la testostérone favorise la production de graisse par la peau. L'accumulation de graisse obstrue les pores et augmente l'accumulation de bactéries et la formation de grains de pu.

Autres causes possibles :

 

   1 - Troubles hypothalamiques

L'hypothalamus est une glande cérébrale qui régule de nombreuses fonctions corporelles. Entre autres, elle produit l'une des hormones les plus importantes qui régissent le cycle menstruel de la femme : l'hormone de libération de la gondotrophine (GnRH).

Cette hormone a une particularité : elle est libérée pulsativement dans l'hypophyse après des pics de libération de 90 minutes. Sa décharge dans l'hypophyse provoque la libération des gonadotrophines FSH et LH. S'il y a une défaillance de l'hypothalamus, le taux de libération de GnRH est modifié. Par conséquent, il en sera de même pour la production et la libération de gonadotrophines.

Précisément, l'une des théories de la cause possible du syndrome des ovaires polykystiques postule qu'un échec dans la libération de la GnRH est responsable de ce syndrome.

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Une plus grande pulsatilité dans la libération de GnRH provoque une plus grande production de LH, ce qui fait que sa concentration peut être 3 fois plus élevée que celle de FSH. Il en résulte une augmentation de la production d'androgènes qui empêchent l'ovulation, la LH étant responsable de l'induction de la production de ces hormones dans les ovaires.

   2 - Altération hépatique

Parmi les nombreuses fonctions du foie, l'une d'entre elles est la synthèse de la protéine transportée par la testostérone dans le sang : la SHBG.

S'il y a une pathologie du foie et que la synthèse de SHBG est réduite, il y aura une plus grande quantité d'androgènes libres dans le sang qui peuvent causer les troubles typiques du SOPK.

Comme nous l'avons mentionné plus haut, cette situation peut être encouragée lorsque des niveaux anormalement élevés d'insuline sont produits dans le sang.

 

   3 - Dysfonctionnement de la folliculogenèse

Grâce à des études échographiques et à des biopsies des tissus ovariens, on a observé que les patientes atteintes du SOPK ont un nombre de follicules en croissance 2 à 3 fois plus élevé que les femmes en bonne santé.

Ce pool de follicules sont ceux qui ont mûri depuis leur état primordial et ont atteint une taille suffisamment importante pour être vus par échographie. Ils sont donc susceptibles d'être ovulés.

On pense que dans le SOPK, le nombre de follicules qui sont recrutés chaque mois pour commencer leur croissance et, parmi eux, celui qui sera finalement ovulé, est beaucoup plus élevé car la concentration d'œstrogènes n'est pas suffisante pour qu'ils finissent leur maturité. Ils s'enracinent donc dans l'ovaire, formant les kystes caractéristiques.

Questions fréquentes

Est-ce que le fait d'avoir un taux de LH élevé signifie que j'ai le SOPK?

Avant, la mesure du niveau de LH servait de critère pour le diagnostic du SOPK. Toutefois, lorsqu'on a constaté que les patients atteints du SOPK n'avaient pas tous des taux anormalement élevés de LH, on l'a rejeté.

J'ai un SOPK mais mon IMC est normal, dois-je perdre du poids pour améliorer mon taux d'insuline?

L'alimentation et l'exercice physique pour perdre du poids sont une recommandation largement utilisée dans les cas de SOPK lorsque la femme est également en surpoids. Si la femme est déjà mince, il n'est pas nécessaire de perdre plus de poids, car la perte de poids peut même aggraver la situation.

Le SOPK est-il toujours accompagné d'hirsutisme?

Bien que les symptômes puissent être différents étant donné la grande diversité avec laquelle ce trouble peut se manifester, l'hirsutisme survient habituellement dans près de 80 % des cas de SOPK. Dans la grande majorité d'entre eux, les androgènes, pour une raison ou une autre, sont élevés, ce qui produit cet effet secondaire si frappant.

Conclusion

Comme nous l'avons vu, l'origine de cette pathologie est quelque peu compliquée à établir. Cela peut, à son tour, rendre le diagnostic difficile. Ce que l'on peut retenir :

 -  dans le SOPK, les niveaux de nombreuses hormones sont modifiés, en particulier la LH, l'AMH et les androgènes comme la testostérone. 

  - l'une des principales caractéristiques du syndrome des ovaires polykystiques est l'anovulation. Les follicules ne peuvent pas se développer correctement et l'ovule ne peut pas être expulsé dans les trompes de Fallope.

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